L’ozone troposphérique est un polluant nocif pour la santé et l'environnement. Il se forme dans l’air ambiant par temps chaud très ensoleillé via une série de réactions photochimiques complexes dans lesquelles interviennent des polluants précurseurs tels que des oxydes d’azote (NOx) et des composés organiques volatils (COV). Les émissions anthropiques de ces précurseurs d'ozone dans l'atmosphère font l'objet d'un suivi afin de mieux les maîtriser.

L'industrie, le tranport routier et l'agricultrure, principales sources de NOx

En 2023, les émissions de NOx[1] ’élevaient à 45,4 kt éq NO2 en Wallonie, soit 36,8 % des 123,3 kt éq NO2 émises en Belgique(a). Les principales sources de NOx étaient le secteur industriel (31,5 %) (cimenteries, verreries, chimie…), le transport routier (30,7 %) (moteurs thermiques) et l’agriculture (19,6 %) (effluents d’élevage, engrais, moteurs des engins agricoles et chauffage des bâtiments…). Avec 12,3 kg éq NO2 émis par habitant, la Wallonie se situait au-dessus de la moyenne européenne (UE-27 : 11,2 kg éq NO2 par habitant). Toutefois, avec des émissions de NOx de 39,4 kt éq NO2 (hors émissions dues à la gestion des effluents d'élevage et des sols agricoles), la Wallonie respectait l'objectifs de réduction d’émissions défini pour 2030 (soit un plafond d’émissions de 46,7 kt éq NO2)[2].

Entre 1990 et 2023, les émissions wallonnes de NOx ont diminué de 71 %. Les réductions se sont opérées principalement dans les secteurs de l’énergie (- 92 %), du transport routier (- 78 %) et de l’industrie (- 73 %). Dans le secteur de l'énergie, les émissions ont diminué notamment grâce à la mise en service des centrales électriques TGV (turbine gaz vapeur), la fermeture de centrales électriques alimentées au charbon, la fermeture des cokeries et la mise sur le marché de chaudières plus performantes. Dans le secteur du transport, l’amélioration des performances des moteurs (normes EURO de plus en plus strictes) et la généralisation de l'utilisation de pots catalytiques ont permis une baisse des émissions, bien que l’effet de ces deux dernières mesures ait été atténué entre autres par l’augmentation constante du trafic et l’accroissement du parc de véhicules[3]. Dans le secteur de l'industrie, ce sont surtout la fermeture de certains outils particulièrement polluants (installations sidérurgiques…) et des modifications de procédés (chimie et cimenterie notamment) qui ont joué un rôle. Enfin, d’autres facteurs conjoncturels ont également contribué à la diminution des émissions : la crise économique de 2009, une fréquence accrue d'hivers très doux et la crise sanitaire de la COVID-19, dont les mesures de gestion (confinement, télétravail…) ont entrainé en 2020 une baisse importante des émissions du transport routier (- 20 % par rapport à 2019).

Émissions atmosphériques d'oxydes d'azote (NOx)* en Wallonie, par secteurs d'activité (1990 - 2023)

Émissions atmosphériques d'oxydes d'azote (NOx)* en Wallonie, par secteurs d'activité (1990 - 2023)

Émissions atmosphériques d'oxydes d'azote  (NO<sub>x</sub>)* en Wallonie, par secteurs d'activité (1990 - 2023)

* Le terme NOx regroupe le monoxyde d'azote (NO) et le dioxyde d'azote (NO2). Afin d’évaluer globalement l’impact des émissions de NO et de NO2, les quantités de NO émises sont converties en kt éq NO2.

** Y compris le transport agricole.

*** Militaire, aérien, par rail et par voie d’eau...

* Le terme NOx regroupe le monoxyde d'azote (NO) et le dioxyde d'azote (NO2). Afin d’évaluer globalement l’impact des émissions de NO et de NO2, les quantités de NO émises sont converties en kt éq NO2.

** Y compris le transport agricole.

*** Militaire, aérien, par rail et par voie d’eau...


L’agriculture et l’utilisation de solvants, principales sources de COV

En 2023, les émissions de COV non méthaniques (COVNM)[4] s’élevaient à 41,9 kt en Wallonie, soit 34,4 % des 122,1 kt de COVNM émises en Belgique(a). Les COVNM étaient principalement émis par les activité agricoles (35,8 %) (cultures, effluents d'élevage) et l’utilisation de solvants (34,4 %) (peintures, colles, dégraissants…). Avec 11,4 kg de COVNM émis par habitant, les émissions wallonnes étaient inférieures à la moyenne européenne (UE-27 : 13,7 kg de COVNM par habitant). Par ailleurs, avec des émissions de COVNM de 27,2 kt (hors émissions dues à la gestion des effluents d'élevage et des sols agricoles), la Wallonie respectait l’objectif de réduction d’émissions défini pour 2030 (soit un plafond d’émissions de 34,7 kt)[2].

Les émissions de COVNM ont chuté de 61 % entre 1990 et 2023, grâce notamment à l’installation de pots catalytiques sur les véhicules, l’utilisation de systèmes de récupération de vapeurs d’essence au moment du remplissage de la citerne et du réservoir des véhicules dans les stations-service, l'emploi de produits à faible teneur en solvants et l’application de nouvelles conditions d’exploiter dans certains secteurs (imprimerie, nettoyage à sec…). Il faut toutefois noter que les émissions liées à l’utilisation de solvants sont passées de 14,4 kt de COVNM (32,7 % des émissions de COVNM) à 17,0 kt de COVNM (37,3 %) entre 2019 et 2020 suite à la consommation d'éthanol due à l'utilisation de désinfectant pour les mains en raison de la crise sanitaire liée à la COVID-19. Ces émissions sont revenues en 2022 à leur niveau de 2019.

Émissions atmosphériques de composés organiques volatils non méthaniques (COVNM)* en Wallonie, par secteurs d'activité (1990 - 2023)

Émissions atmosphériques de composés organiques volatils non méthaniques (COVNM)* en Wallonie, par secteurs d'activité (1990 - 2023)

Émissions atmosphériques de composés organiques volatils non méthaniques (COVNM)* en Wallonie, par secteurs d'activité (1990 - 2023)

* Dans les inventaires d'émissions nationaux, seules sont considérées les émissions de COV non méthaniques.

** Y compris le transport agricole.

*** Militaire, aérien, par rail et par voie d’eau...

* Dans les inventaires d'émissions nationaux, seules sont considérées les émissions de COV non méthaniques.

** Y compris le transport agricole.

*** Militaire, aérien, par rail et par voie d’eau...


Les mesures wallonnes ne peuvent être relâchées

Ces évolutions positives en termes d’émissions expliquent en partie les résultats obtenus en Wallonie au niveau des concentrations en NOx dans l'air ambiant q. Il faut cependant noter qu’étant donné le rôle des NOx et des COV dans la formation de particules fines (PM2,5), nocives pour la santé humaine q, la réduction de leurs émissions doit être poursuivie et les efforts maintenus. Les NOx sont par ailleurs des polluants acidifiants q et des polluants eutrophisants q dont les émissions doivent à ce titre également être maîtrisées.

Le Plan air climat énergie 2030 de la Wallonie (PACE 2030) q, adopté le 21/03/2023, prévoit plusieurs mesures à mettre en œuvre d'ici 2030. Pour les NOx, elles concernent principalement le transport, les bâtiments et l’énergie. Les mesures envisagées sont notamment des changements dans les combustibles et carburants utilisés et l’augmentation de la part des véhicules électriques dans le parc automobile. Pour les COV, un effet indirect est attendu des mesures visant les émissions d’ammoniac (NH3) (p. ex. respect des conditions de stockage des effluents d’élevage, enfouissement rapide des effluents d’élevage dans les sols…). Par ailleurs, les mesures visent également la baisse des émissions de NOx et de COV du secteur industriel par le renforcement des exigences en matière de permis d’environnement (valeurs limites d’émissions renforcées en tenant compte des meilleures technologies disponibles et élargissement du nombre de secteurs visés).


[1] Le terme NOx regroupe le monoxyde d'azote (NO) et le dioxyde d'azote (NO2). Afin d’évaluer globalement l’impact des émissions de NO et de NO2, les quantités de NO émises sont converties en kt éq NO2.

[2] La directive "NERC" (EU) 2016/2284 q fixe des objectifs relatifs de réduction d’émissions pour chaque État signataire (pourcentage de réduction). Afin de pouvoir se référer à des chiffres concrets, les plafonds d’émissions en termes absolus (kt) pour chaque polluant en ont été déduits pour les trois Régions selon leur contribution respective (Accord de coopération du 24/04/2020 q). L’AGW du 11/04/2019 q reprend les plafonds d’émissions et la formule de réajustement annuel de ces plafonds dans le cas où la Région révise ses émissions pour l’année de référence 2005. Il est à noter que pour les engagements relatifs aux émissions de NOₓ et de COVNM, les émissions dues à la gestion des effluents d'élevage et des sols agricoles ne sont pas prises en compte.

[3] Voir les fiches d'indicateurs "Transport de marchandises" q, "Demande en transport de personnes" q et "Parc de véhicules" q.

[4] Les COV regroupent différents types de composés (aldéhydes, benzène, terpènes, méthane...). Dans les inventaires d'émissions nationaux, seules sont considérées les émissions anthropiques de COV non méthaniques. À noter qu'environ 45 % de l'ensemble des émissions wallonnes de COV non méthaniques sont naturellement produites par la végétation (terpènes), notamment les forêts, par temps chaud et ensoleillé. Cela explique en partie les pics d'ozone parfois observés à la campagne.

Évaluation

f7151633-2a88-42a3-b267-3b66bee5483f Etat favorable et tendance à l'amélioration

Favorable
  • Référentiel : directive "NERC" (EU) 2016/2284 q et AGW du 11/04/2019 q
  • En 2023, avec des émissions de NOx de 39,4 kt éq NO2, et des émissions de COV non méthaniques de 27,2 kt, la Wallonie respectait les objectifs de réduction d’émissions (hors gestion des effluents d'élevage et des sols agricoles) définis pour 2030 (soit des plafonds d’émissions de respectivement 46,7 kt éq NO2 et 34,7 kt).

En amélioration

Entre 1990 et 2023, les émissions atmosphériques de NOx et de COV non méthaniques ont diminué respectivement de 71 % et 61 % en Wallonie.